Rencontre avec Charlotte Gomez de Orozco, Fondatrice de Hoy

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À l’image de Camille Jaillant, fondatrice de la marque de luxe engagée Olistic the Label, d’autres entrepreneuses s’engagent sur la voie d’un luxe plus durable. Rencontre avec Charlotte Gomez de Orozco, la passionnante et talentueuse cheffe d’entreprise qui a imaginé HOY, un hôtel yoga unique à Paris.


Peux-tu nous dévoiler plus en détail en quoi consiste HOY ? 

Je n’aime pas parler d’un lieu de vie, car ce serait assez cliché. HOY c’est un studio de yoga où l’on peut également partager un repas ou un verre entre amis, prolonger sa journée par des soins et se retirer de l’agitation pour la nuit. HOY est un endroit authentique, inclusif, construit autour du yoga, mais où chacun est le bienvenu. C’est un lieu à l’échelle locale tourné vers l’évasion. Ma clientèle est surtout parisienne, mais mes menus sont en anglais pour la faire voyager et la cuisine végétale de MESA est un hommage à mon Mexique natal, mon équipe est d’ailleurs internationale. 

HOY est un endroit authentique, inclusif, construit autour du yoga, mais où chacun est le bienvenu.

Comment parvient-on à faire vivre un tel lieu à l’approche holistique mêlant hôtel, restaurant (MESA), studio de yoga (YUJ), fleuriste et institut ? 

C’est une aventure humaine où nous faisons beaucoup d’essais, car un tel lieu est inédit. Notre cheffe cultive un potager en permaculture sur le toit. Nous y avions également installé des ruches ; malheureusement, nos abeilles et l’espèce voisine ne faisaient pas bon ménage. Nous avons suivi les conseils d’un apiculteur et préféré arrêter ce projet. Dernièrement, nous avons développé les ventes en take-away et pris le temps de rechercher des emballages durables, il était hors de question d’utiliser du plastique à usage unique. Nous proposons des contenants consignés ou à réutiliser (des QR codes permettent d’accéder à nos conseils). Comme nos clients, nous apprenons tous les jours un peu plus en empruntant ce chemin de la durabilité !

Comme nos clients, nous apprenons tous les jours un peu plus en empruntant ce chemin de la durabilité !

 

Quel a été le moment déterminant pour HOY ?  

J’ai toujours voulu ouvrir un hôtel, mais l’appel a été assez brut. Je travaillais sans relâche au Gisou, mon bar à vin rue Lepic. Lors d’un voyage, toute la pression accumulée est retombée ; j’ai réalisé que j’avais besoin de retrouver du sens. Le yoga m’a aidé à revenir à moi puis m’a guidé vers ce projet. HOY est né d’un manque du secteur comme de cette transformation personnelle. En pratiquant intensément le yoga à Bali, j’y ai aussi pris conscience de la pollution de nos océans. HOY signifie House Of Yoga, et aujourd’hui en espagnol. Vivre au jour le jour, être présent ici et maintenant, tout en préservant notre avenir, a été au cœur de ce voyage d’apprentissage, ce fil s’est ensuite tendu jusqu’à HOY

Le lieu que tu as imaginé accompagne et inspire des femmes dans leur quotidien, si tu pouvais t’aider à ton tour en revenant quelques années en arrière, quel conseil te donnerais-tu ?

D’écouter mon intuition ! J’ai vécu deux années compliquées avant l’ouverture. J’étais entourée de personnes qui ne comprenaient pas ma vision avant ma rencontre avec Sabrina Goldin, qui a entendu mes idées pour l’aménagement intérieur. Tout s’est ensuite délié, jusqu’à la rencontre de ma cheffe à quelques semaines de l’inauguration. Je crois en l’alignement, les choses arrivent au moment où elles le doivent. Il faut de la patience, de la confiance et beaucoup de travail.

 

Je crois en l’alignement, les choses arrivent au moment où elles le doivent.

 

Comment s’est déroulée ta rencontre avec Olistic the Label ? 

J’ai fait la rencontre de Camille, la créatrice d’Olistic the Label, grâce à notre connaissance commune Alessandra Bertoldini (OUI Management). Elle participait à une retraite HOY pour couper de sa routine parisienne et y a donné rendez-vous à Camille. 

Quel rapport entretiens-tu avec le vêtement ? 

Ma mère disait que j’étais une obsessionnelle du vêtement. J’ai toujours préféré m’acheter une pièce chez un créateur plutôt que plusieurs dans des enseignes fast fashion. Ma mère s’est toujours très bien habillée, elle avait trois ans d’avance. Nous vivions au Mexique jusqu’à mes 14 ans ; là-bas la mode était peu développée, nous étions regardés comme une famille au style assez bizarre. Même si ce n’était pas forcément réfléchi, nous avons testé le recyclage, car avec deux petites sœurs mes vêtements ont eu plusieurs vies ! Aujourd’hui, ce rapport évolue, j’achète moins, je développe ma conscience et je reconnais l’impact socio-environnemental de chaque pièce. Les marques comme Olistic demeurent toutefois trop rares. 

Quelle pièce mode de ton vestiaire a ta préférence ? 

Je dirai une combinaison sans manches. Elle est simple à porter c’est une pièce versatile. Depuis que je l’ai, je ne regarde aucune autre combinaison, c’est un achat durable, un intemporel qui m’évite de craquer pour une pièce plus saisonnière. C’est un vêtement dans lequel j’ai vécu tellement de choses que je garde précieusement.

Pourquoi as-tu choisi cette robe Olistic Aquarius en laine de Burel et la chemise en soie de la paix et coton biologique Cygnus ? Que t’inspirent-elles ? 

J’ai été appelée par le côté confortable et cool de cette tenue tout en appréciant son élégance. C’est un look qui incarne bien la personne que tu es et la façon dont tu souhaites être perçue quand tu es à la tête d’une équipe : sérieuse, mais sympa. C’est une tenue facile à vivre et dont le bleu me rappelle la teinte de nos uniformes. 

Quels sont les mots qui te viennent à l’esprit pour évoquer ces vêtements de la collection Olistic the Label, imaginés avec Arizona Muse ?

Cette chemise transparente est un vrai intemporel, je passe ma vie à chercher des pièces comme cette chemise ! La robe Aquarius longue et fendue a quant à elle un côté rassurant, peut-être lié au souvenir de ma combinaison qu’elle me rappelle un peu.

As-tu des conseils ou des rituels écoresponsables à partager avec nous ?

Il y a plein de façons d’agir et de s’engager pour un meilleur impact environnemental, mais aussi social. Chez HOY nous voulons que cette démarche consciente se prolonge en dehors de nos murs. Nous proposons à nos clients des bouteilles en verre avec du charbon binchotan pour purifier l’eau courante lorsque nos clients visitent Paris : ce simple geste peut éviter des dizaines de bouteilles plastiques. Commencer par une salle de bain zero waste grâce à des produits naturels et vendus en vrac est un bon point de départ.

Quel est le rituel slow que tu t’accordes pour te reconnecter à toi ? 

J’ai un rythme soutenu et suis très entourée, c’est aussi cela qui me plait dans l’hôtellerie. J’ai malgré tout besoin de me retirer pour être seule, me ressourcer et me reconnecter à mon intuition. Dans ces moments, je me réfugie chez moi, à quelques rues de HOY, pour lire, m’accorder un rituel beauté ou simplement savourer le silence et revenir à ma respiration. 

Tu es parmi les rares à évoquer une approche du bien-être et de la beauté tournée vers l’éveil et la guérison. Peux-tu nous parler plus en détail de cette philosophie “care” ?

Je ne voulais pas ouvrir un énième institut de beauté ni un spa. Je souhaitais offrir aux Parisiens et aux voyageurs des soins connectés à la spiritualité. Ces rituels thérapeutiques naissent des savoir-faire de ces femmes qui nous font découvrir l’aromathérapie, le sound healing ou procèdent au nettoyage des énergies. Ces pratiques holistiques permettent de lever des tabous et de libérer les femmes, en leur proposant par exemple de découvrir l’écologie de l’intime (une démarche de réappropriation de son corps et de son autonomie intime) pour vivre sa sexualité en pleine conscience. C’est important pour moi que par HOY, un lieu accessible grâce au yoga, à l’hôtel ou au restaurant, on ouvre la porte à ces pratiques pour les démocratiser et les transmettre.  

 

Ces pratiques holistiques permettent de lever des tabous et de libérer les femmes

 

Comment imagines-tu la suite pour HOY ? 

J’ai envie de faire vivre HOY en ouvrant des lieux similaires dans certaines capitales comme Londres, Amsterdam ou Berlin tout en étant consciente que conserver notre authenticité sera un challenge ! Je veux garder une taille humaine pour préserver l’essence de HOY. À plus long terme, j’imagine un lieu complètement autosuffisant en pleine nature avec une dizaine de chambres.

Je réfléchis également à une épicerie vrac MESA. Je suis gourmande, je pense aussi à une pâtisserie végétale où, comme chez MESA, tout serait proposé sans gluten, raw et participerait au plaisir et au mieux-être. Prolonger l’atelier floral par un studio de création de peinture et de céramique fait aussi partie de mes intentions.

La force de HOY c’est aussi ton équipe, la communauté que tu as créée autour de toi ?

Complètement ! Ce cercle composé de ma cheffe, de mon équipe en salle, de thérapeutes-naturopathes c’est la différence de HOY. Ces gens engagés devraient pour moi être au cœur d’un projet pédagogique. J’aimerais faire bénéficier d’autres entrepreneurs de nos compétences, pour l’avoir vécu cela peut être décourageant d’être peu ou mal accompagné.  

Quelles sont tes adresses durables ou locales favorites ?

Je suis souvent au Gisou, mais on peut aussi me croiser chez Clamato, un restaurant de poisson que j’adore, ou chez Carbón dans le Marais. Je fais mes achats à la cave de Septime pour découvrir de nouveaux crus et chez The Naked Shop d’où proviennent nos produits de soins.

Quelle femme souhaites-tu lire dans ce journal ? 

Sabrina Goldin, elle est passionnante et a participé à faire de HOY le lieu qu’il est aujourd’hui. Elle est argentine, avec elle pas de détours, elle est vraie ! C’est une designer touche-à-tout, elle a créé une marque de sacs puis ouvert Carbón et propose aujourd’hui du consulting, rien ne l’arrête !

Merci à Charlotte Gomez de Orozco pour ses réponses et pour nous avoir reçu chez HOY, 68 rue des Martyrs 75009 Paris.