Quel futur pour le luxe écoresponsable ?

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L’écoresponsabilité et la mode ont longtemps semblées antinomiques. La crise sanitaire et économique du COVID19 a accéléré la nécessité de redéfinir le luxe en compatibilité avec le développement durable.

À l’heure où les nations fermaient frontières et commerces, le retour à l’essentiel, au circuit court et local, se sont renforcés. Une humilité face à la nature qui nous a rappelé son imprévisibilité et a ainsi permis de mettre en lumière des marques indépendantes aux origines et valeurs liées à la préservation de notre planète et de ses communautés. Des marques qui partagent une vision hédoniste durable du luxe.

Un constat sans appel

En 2019, le marché du luxe a atteint un chiffre d’affaire mondial de 1 300 milliards d’euros (Bain & Company). 

Le coût environnemental et sociétal est massif. D’après la fondation Ellen MacArthur d’ici 2050, la mode aura consommé un quart du budget carbone mondial.

Luxe et mode requièrent une mutation profonde pour pérenniser une production dépendante des ressources naturelles et intégrer les potentialités du développement économique durable.

Un besoin de transparence

Au sein des empires fashion, la transparence fait défaut sur toute la chaine de valeur. La plupart des marques sous-traitent leur production dans des usines recourant à des prestataires locaux. Un défaut de traçabilité et de clarté sur les conditions de travail comme l’a rappelé la catastrophe du Rana Plaza. En réponse, Sourcemap permet aux marques de cartographier leur supply chain pour plus de visibilité sur leur écosystème productif, l’acheteur peut ainsi retracer les origines de son vêtement.

D‘autres innovations digitales comme Clear Fashion, application d’évaluation de l’écoresponsabilité des marques, permettent plus de transparence pour le client. Green Story, offrant aux marques e-commerce de partager des indicateurs ludiques d’impact environnemental, favorise les interactions.

Les initiatives d’activistes connectés et l’engagement de la nouvelle génération favorisent l’essor d’un développement durable luxe et intègre.

Promouvoir des matières naturelles certifiées

Olistic the Label propose un vestiaire éthique aux matières conscientes, naturelles : lyocell ou soie de la paix (Ahimsa “sans cruauté”). Un slow luxury raisonné dont la sobriété rehausse la désirabilité.

Les labels et certifications permettent de définir un cahier des charges et d’informer sur les engagements écoresponsables. Les créations Olistic the Label sont certifiées GOTS (Global Organic Textiles Standard), assurance d’un vêtement en fibres naturelles à 95% biologique. De la récolte des matières naturelles à la fabrication jusqu’au choix du packaging biodégradable, Olistic the Label contrôle sa chaîne de production avec excellence et bienveillance pour ne laisser aucune empreinte de ses produits sur terre.

Communauté de femmes produisant de la soie sans cruauté en Inde

Repenser le business model de la mode 

Le rythme effréné des collections a progressivement rallongé les fashion weeks en fashion year. Pour la fast fashion comme pour le luxe, les innombrables collections se succèdent. En contestation Gucci vient de renoncer au calendrier officiel comme Saint Laurent et Valentino. 

Il est nécessaire d’établir de nouvelles règles de production face aux stocks accumulés au coût économique et environnemental indéniable.Réduire sa consommation vestimentaire, acheter moins mais mieux renforce la légitimité du luxe. Un choix responsable préférant des produits dont la pertinence et la qualité perdureront. Une mode intemporelle, libérée de la saisonnalité est compatible avec le développement durable. C’est ce que propose Olistic the Label par une mode seasonless affranchie des tendances.

L’innovation digitale et textile, fondement du luxe durable 

Une mode durable et éthique n’est pas passéiste. Une technologie progressiste unissant tech et mode éco démultiplie les potentialités.

Pour Florence Raja d’Ethical Era :  “l’intelligence artificielle a le pouvoir de rapidement protéger l’environnement. Nous amorçons un changement radical, accéléré par le COVID19 en ce qui concerne notre façon de vivre, produire et envisager la planète. Une quatrième révolution industrielle bâtie sur la tech et la durabilité a le pouvoir de changer nos habitudes de consommation et systèmes productifs pour protéger et régénérer l’environnement. Les changements sont si profonds que jamais nous n’avons assisté à la promesse d’un tel renouveau”.

Les textiles innovants permettront d’assurer la demande globale tout en préservant l’environnement. Innovations biotechnologiques et partenariats inter-industries permettent de mettre au point de nouvelles fibres durables. Fondé par Miroslava Duma, Fashion Tech Lab a permis à des startups de développer un cuir à partir de mycélium et une soie durable biodégradable, réplique des protéines de soie des araignées, qui a séduit Stella McCartney.

Innovations biotechnologiques et partenariats inter-industries permettent de mettre au point de nouvelles fibres durables. Fondé par Miroslava Duma, Fashion Tech Lab a permis à des startups de développer un cuir à partir de mycélium et une soie durable biodégradable, réplique des protéines de soie des araignées, qui a séduit Stella McCartney.

La blockchain garantit authenticité et traçabilité des produits de luxe, un défi pour l’industrie alors que s’accélèrent ventes en ligne et marché du luxe seconde main. Arianee propose ainsi un protocole de certification digitale (via QR code et puces) permettant de s’assurer de l’origine du produit ainsi que de la transparence de sa supply chain. 

Face à l’empreinte carbone des défilés, le Swedish Fashion Council a annulé sa fashion-week en 2019. Grâce à Fashinnovation et sa technologie de digitalisation nous pourrions bientôt assister à la première fashion week 100% digitale.

Création d’un look Olistic pour le 3D virtual runway show organisé par
BIGTHINX x Fashinnovation

Le luxe de seconde main, nouveau marché en croissance

Longtemps réservées aux vêtements vintages, les plateformes d’achat de produits d’occasion se sont progressivement ouvertes aux vêtements et accessoires de luxe ; réinventant et modernisant le concept du dépôt-vente. Le succès de Vestiaire Collective, cofondé par Fanny Moizant, prouve la pertinence du marché du luxe seconde main dont les motivations sont tant économiques qu’écologiques.

Un nouvel éthos de consommation expérientiel, éloigné de la notion d’appartenance, favorise quant à lui le développement de business model locatifs (PanoplyRent The Runway). Une philosophie limitant l’achat de vêtements neufs favorable à l’écoresponsabilité comme à la détox des garde-robes. Ces plateformes permettent, grâce à un système d’abonnement, d’accéder à un dressing de créateurs quasi-illimité en fonction des besoins et envies du moment.  

La nécessité d’actions concertées avec les grands groupes 

L’engagement local est indéniable, tel Olistic the Label qui aligne ses objectifs de développement durable sur ceux des Nations Unies. Le soutien des multinationales est toutefois incontournable.

En France, lors du G7 2019, 32 des leaders du secteur dont Chanel ou Kering (propriété de François-Henri Pinault) se sont engagés à éliminer le plastique à usage unique et à rechercher des matières premières plus durables. Cet engagement initie le Fashion Pact, coalition mondiale de l’industrie pour enrayer le réchauffement climatique, restaurer la biodiversité et protéger nos océans.

De son côté LVMH (Louis Vuitton, Dior…) a créé en 2015 son fond carbone pour réduire sa consommation énergétique. 

Pour les entreprises luxe dont l’ADN n’est pas fondé sur la durabilité, des cabinets de conseil (Eco-Age), permettent d’adopter des standards d’écoresponsabilité et de promouvoir une mode verte grâce à un influent réseau mobilisé en faveur d’un green carpet.

Multinationales et créateurs indépendants s’unissent à travers le collectif de philanthropie environnementale 1% pour la planète. Initié par Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia, l’association rejoint par Olistic the Label a, depuis 2002, permis de récolter plus de 200 millions d’euros pour la protection des espèces sauvages, la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution. 

Le luxe au service des communautés et artisans

L’engagement social envers les ouvriers du textile est complémentaire d’une production écoresponsable. La majorité des travailleurs de la mode sont des femmes. Sensible à leur besoin d’émancipation et souhaitant préserver les savoir-faire, Camille Jaillant soutien une sériciculture biologique en Inde.

Fidèle à ses valeurs de partage, Olistic the Label a participé au récent Hackaton organisé par Ethical Fashion (programme conjoint de l’ITCOMC et de l’ONU fondé par Simone Cipriani). Une discussion entre différents acteurs de l’industrie, designers, scientifiques et institutions pour repenser le futur de la mode.

Avec le support #AfricaTrustFund, le @ethicalfashion
les artisans fabriquent 18 000 masques pour aider à protéger les gens contre le coronavirus

La préservation et la promotion des savoir-faire artisanaux d’Amérique Latine à une échelle globale a donné naissance au Latam Fashion Summit. Une plateforme d’échange et de communication créée par les entrepreneuses Estefania Lacayo et Samantha Tams pour supporter les talents locaux dans la réponse aux enjeux mode mondiaux. 

Économie circulaire et upcycling

Offrir une seconde vie aux déchets textiles est une nécessité alors que pour l’INEC 80% des déchets textiles européens échappent actuellement au recyclage. 

Cette démarche a conduit Stéphanie Joy Benedetto à lancer Queen of Raw, plateforme d’achat de stocks dormants textiles ; 120 millions de dollars de tissus habituellement détruits. Pour elle : “nous sommes dans une période de disruption massive qui conditionne la sortie de crise à l’innovation digitale. Pour le luxe cela signifie réduire ses coûts tout en assurant durablement ses besoins en matières premières”. De l’union de Queen of Raw et d’Olistic est né la capsule Flamma, pantalon et kimono en luxueuse crêpe de soie italienne upcyclée. 

Plus que jamais, la raison d’être du luxe s’affirme pour un monde éco responsable. L’écosystème récent de marques de luxe durables ultra-désirables prouve que la redéfinition de la mode et du luxe peut s’enraciner dans des valeurs humanistes éthiques. 

Olistic x Queen of Raw capsule collection – Flamma kimono