Comment Arizona Muse participe à l’établissement d’une mode plus durable – Epsiode 2

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Quelques jours avant le lancement de leur collaboration mode exclusive, Olistic the Label et la top écoactiviste Arizona Muse se sont réuni à l’hôtel Hoxton à Paris. À cette occasion, Arizona Muse et Olistic ont échangé sur le futur du luxe et de l’industrie de la mode et sur la manière dont Arizona Muse parvient à faire avancer la cause environnementale de l’intérieur.

Découvrez ici la seconde partie de cette interview exclusive d’Arizona Muse pour Olistic the Label.

  • Vous travaillez dans l’industrie de la mode depuis maintenant un peu plus de dix ans, quand avez-vous réalisé que la mode ne pouvait pas continuer au rythme actuel ? 

Mon déclic et le début de ma quête vers la durabilité se sont produits environ 5 ans après le commencement de ma carrière, lorsque j’ai pris conscience que je ne savais pas d’où venaient tous ces vêtements. Je me suis alors lancée dans une exploration approfondie pour en savoir plus sur ma propre industrie. Je suis instantanément devenue mordue, lorsque l’on commence à se renseigner, cette quête d’informations est fascinante et sans fin.

“Nous devons tous nous sentir responsables de nos actions, la responsabilité compte parmi les piliers de la durabilité”

 

  • Par quoi avez-vous commencé cette recherche ? 

Je suis devenue obsédée par les matières. Lorsqu’il est question d’un tissu, je veux savoir d’où il vient, quel processus chimique a été utilisé pour le produire, qui a cultivé la fibre dont il est tissé et où. Nous devons nous poser ces questions à propos de chaque matière.

Je me suis rendue en Inde pour visiter des usines. Malgré de bonnes conditions de travail, je n’imaginais pas ce que j’y découvrirai. Seuls des hommes y travaillaient, ce sont eux qui ont généralement les emplois les plus qualifiés, principalement la broderie, et les salaires les plus élevés. Nous ne nous rendons pas toujours compte que l’inégalité homme femme survient déjà au début de la chaîne d’approvisionnement. Nous devrions tous savoir d’où viennent nos vêtements, nous devrions comprendre ce qu’ils font aux personnes qui les fabriquent et à notre planète.

  • Souhaitez-vous dorénavant uniquement collaborer avec des marques durables ?  

J’adorerai annoncer que je ne collaborerai plus avec des marques qui n’ont pas lancé de programme d’amélioration de leur durabilité. Cependant, je trouve qu’il est utile de travailler avec des entreprises qui ne sont pas encore dans cette démarche de durabilité. Cela peut être un point d’accès auprès de personnes qui ne savent pas encore ce qui se passe ou ne réalisent pas leur impact. Je crois vraiment que les gens sont bons, mais peuvent faire des erreurs ou simplement ne pas avoir assez d’informations avérées pour prendre les bonnes décisions. 

  • Suite à la pandémie du COVID-19, les défilés de mode ont été annulés et la production textile a été stoppée de manière radicale. Pensez-vous que cette crise constitue le signal d’alarme dont nous avions besoin pour profondément changer le secteur de la mode ? 

Je ne pense pas qu’il y aura une prise de conscience unique et définitive, mais le secteur est déjà en train de changer. La crise a obligé les marques à reconsidérer leurs stratégies. Elles ont réalisé qu’elles devaient produire moins pour se concentrer sur ce qui leur réussit le mieux. Une autre évolution que je constate réside dans l’approche plus directe de la distribution. Actuellement, de nombreux détaillants sont sous pression et cela pourrait amorcer des transformations positives comme la reprise du pouvoir par les marques. Lorsqu’elle vend directement à son client, une marque peut augmenter ses marges tout en baissant son prix pour être vendue à un prix juste. Il est primordial de comprendre cette notion de prix équitable. Lorsque vous achetez quelque chose et que vous avez le sentiment d’avoir fait une très bonne affaire, c’est le signe que le prix n’est pas juste. Ce coût est payé par les populations de travailleurs et par notre planète.

  • Pensez-vous que nous devrions annuler les fashion weeks ? 

Nous n’avons plus à décider si nous devons changer la façon dont nous faisons les choses, la crise sanitaire a pris cette décision pour nous et le changement est amorcé. Je ne pense pas qu’il faille annuler les fashion weeks ; ce sont des moments réjouissants pour les designers de voir leurs créations prendre vie lors d’un défilé, mais le calendrier de toute l’industrie doit évoluer. Rewiring Fashion, une démarche de réflexion initiée par Business of Fashion, a donné l’occasion aux designers, PDG et cadres du retail de repenser la façon dont la mode devrait et pourrait fonctionner.

  • Pouvez-vous définir votre rôle d’écoactiviste et militante environnementale ? 

C’est seulement depuis que j’ai participé à la marche organisée par Extinction Rebellion – un mouvement environnemental mondial utilisant la désobéissance civile non violente – que je me considère comme écoactiviste. Avant cela, je croyais ne pas être suffisamment passionnée ou assez audacieuse. En travaillant avec Extinction Rebellion, j’ai compris que l’activisme peut prendre différentes formes. L’activisme ne consiste pas à crier dans la rue. Lire dans votre salon comment s’engager dans un mode de vie plus durable est une sorte d’activisme, il existe des activistes silencieux. Partager ce que vous avez appris avec vos amis et votre famille, c’est de l’activisme ! 

  • Vous avez conçu une magnifique collection de mode durable avec Olistic the Label, pourquoi Olistic était le parfait partenaire pour cette collaboration ? 

Nous partageons avec Olistic les mêmes valeurs de durabilité, surtout en ce qui concerne les matières. J’étais déjà impressionnée par leurs collections et je suis ravie de collaborer avec Olistic the Label. Je souhaite le plus grand succès à la marque, car je suis convaincue que nous devons tous porter des vêtements beaux, pratiques et durables comme ceux créés par Olistic the Label. Ces vêtements écoresponsables, éthiques et élégants sont créés pour être chéris et aimés. 

  • Quelle a été votre inspiration pour cette collection ?

C’était une inspiration assez simple et réaliste : j’ai songé à la façon dont je voulais vraiment m’habiller. Je me suis imaginée dans mon quotidien e et j’ai créé avec Olistic une collection qui m’irait et qui me suivrait dans mes journées bien remplies. La collection est donc inspirée de ce que je fais réellement. Les couleurs sont classiques et intemporelles afin de pouvoir se porter avec ce que vous avez déjà dans votre garde-robe. La différence des pièces réside dans leur forme et les détails et non dans les couleurs, car nous voulions que cette collection élégante et intemporelle transcende le temps et les modes.

  • Comment avez-vous choisi les matières dont est confectionnée cette collection hiver ?

Tout d’abord, nous avons exclusivement sélectionné des fibres naturelles et biologiques durables telles que la soie de la paix, le lyocell et la laine de Burel provenant du Portugal. Nous avons été sensibles au soin que les fournisseurs apportaient à ces fibres. J’ai également cherché une douceur particulière et un certain tombé pour que la collection soit durable, mais aussi confortable et élégante. 

  • Quelles sont vos pièces préférées parmi la quinzaine de vêtements proposés au sein de cette collection hiver ? 

J’ai un faible pour la robe en soie de la paix Polaris ornée de manches bouffantes et pour la superbe robe tunique Virgo en laine avec une fermeture éclair sur le devant!

Accédez en avant-première à cette collaboration en édition limitée en bénéficiant dès le 5 octobre d’un accès exclusif aux préventes. Une attention particulière de la part d’Arizona Muse attend les 100 premières acheteuses de la collection.